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Quel abonnement EDF choisir avec une pompe à chaleur ?

01/08/2026

Lecture rapide

Rédigé par Gael

Réponse rapide : quel abonnement choisir avec une pompe à chaleur ?

Pour une pompe à chaleur (PAC) air-eau ou air-air, comptez au minimum un compteur 9 kVA (voire 12 kVA si le logement dépasse 120-150 m² ou cumule PAC, borne de recharge et piscine), et privilégiez une option Heures Creuses plutôt que l’option Base pour profiler la consommation de nuit.

  • Sous-dimensionner le compteur (6 kVA) provoque des disjonctions au démarrage de la PAC, surtout en hiver.
  • L’option Base n’est plus commercialisée pour les nouveaux clients résidentiels en 9 kVA et plus : elle reste facturée aux anciens abonnés, mais n’est plus un choix disponible.
  • Tempo n’est rentable que si vous pouvez déplacer une vraie part de la consommation (PAC + chauffe-eau + électroménager) hors des jours rouges.
  • Le choix du fournisseur compte moins que le choix de l’option tarifaire : le tarif réglementé et les offres indexées suivent presque toujours la même grille de prix.

Pourquoi la pompe à chaleur change la donne sur l’abonnement électrique

Installer une pompe à chaleur, c’est transférer une bonne partie — parfois la totalité — de son chauffage vers l’électricité. Une PAC air-eau bien dimensionnée consomme en moyenne entre 3 000 et 6 000 kWh par an pour le chauffage d’une maison de 100 à 150 m², auxquels s’ajoutent l’eau chaude sanitaire et les usages classiques. Ce saut de consommation a deux conséquences directes sur le contrat d’électricité : vérifier que la puissance souscrite (en kVA) suffit à appeler la PAC sans faire disjoncter l’installation, puis choisir l’option tarifaire (Base, Heures Creuses ou Tempo) qui colle le mieux au profil d’un foyer chauffé à l’électricité. Ces deux décisions sont indépendantes du fournisseur : qu’il s’agisse d’EDF au tarif réglementé ou d’un fournisseur alternatif, la logique de dimensionnement kVA et le principe des options horaires restent identiques, seule la grille de prix varie.

Quelle puissance de compteur (kVA) choisir avec une PAC ?

La puissance de compteur détermine la puissance électrique maximale que le logement peut appeler simultanément, tous appareils confondus. Une pompe à chaleur, au démarrage du compresseur ou en cas de résistance électrique d’appoint (relève de chaudière par grand froid), peut appeler plusieurs kW d’un coup. Si cette pointe s’ajoute à un chauffe-eau, une plaque à induction et un four déjà en marche, un compteur trop juste disjoncte. En pratique, les grilles de puissance disponibles chez tous les fournisseurs sont 3, 6, 9, 12, 15, 18, 24, 30 et 36 kVA, mais seules 6, 9 et 12 kVA concernent la quasi-totalité des logements résidentiels avec PAC.

Profil du logement Puissance conseillée Remarque
Appartement ou petite maison < 70 m², PAC air-air seule 6 kVA Suffisant si peu d’autres gros appareils (pas d’induction + four simultanés)
Maison 80-120 m², PAC air-eau + ballon thermodynamique 9 kVA Puissance minimale recommandée pour la majorité des PAC en résidentiel standard
Maison 120-160 m², PAC + induction + sèche-linge électrique 9 à 12 kVA 12 kVA conseillé dès que les usages puissants se cumulent
Maison > 160 m², PAC haute température, piscine chauffée ou borne de recharge sans délestage 12 à 15 kVA Un délesteur permet parfois de rester en 9-12 kVA malgré ces équipements

Deux pièges reviennent souvent. Le premier : sous-dimensionner pour payer un abonnement moins cher, ce qui provoque des coupures répétées en plein hiver, au pire moment. Le second, inverse : sur-dimensionner « par sécurité » et payer un abonnement 12 ou 15 kVA alors que 9 kVA suffisait largement, avec un surcoût récurrent de plusieurs dizaines d’euros par an sans aucun bénéfice. Le bon réflexe consiste à demander au chauffagiste le courant de démarrage (intensité maximale absorbée) de la PAC, puis à faire la somme avec les autres équipements puissants du logement pour vérifier la marge disponible. En cas de doute, une simulation de puissance (disponible chez la plupart des fournisseurs et sur le site d’Enedis) permet d’objectiver le choix avant de signer.

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Personne comparant des offres d'abonnement électrique sur un ordinateur portable avec une facture d'électricité

Base, Heures Creuses ou Tempo : quelle option pour une maison chauffée par PAC ?

Une fois la puissance fixée, le second levier est l’option tarifaire. Trois grandes familles existent chez EDF au tarif réglementé, et des équivalents chez la plupart des fournisseurs alternatifs : l’option Base (prix du kWh unique, quelle que soit l’heure), l’option Heures Creuses/Heures Pleines (deux prix selon l’heure de la journée, avec un tarif réduit sur 8 heures nocturnes) et l’option Tempo (couleur du jour — bleu, blanc, rouge — croisée avec heures pleines/creuses, soit six tarifs différents). Une PAC fonctionne en continu, y compris la nuit, ce qui en fait justement un usage qui profite d’un tarif différencié : plus on peut décaler la programmation du chauffage, de l’eau chaude et des gros électroménagers vers les heures creuses, plus l’option HP/HC ou Tempo devient avantageuse par rapport à la Base.

Option Principe Ordre de grandeur du prix du kWh Intérêt avec une PAC
Base Prix unique, jour et nuit ≈ 0,19 €/kWh Simple, mais n’est plus proposée aux nouveaux clients résidentiels en 9 kVA et plus ; pénalisant si la PAC peut être décalée la nuit
Heures Creuses / Heures Pleines Tarif réduit sur 8h nocturnes (souvent 22h-6h, horaires variables selon le lieu), tarif plein le reste du temps ≈ 0,21 €/kWh en HP, ≈ 0,16 €/kWh en HC Le plus adapté à la majorité des foyers avec PAC : le ballon d’eau chaude et une partie du chauffage peuvent être programmés la nuit
Tempo 3 couleurs de jour (bleu, blanc, rouge) × HP/HC, soit 6 tarifs, avec 300 jours bleus, 43 blancs et 22 rouges par an de ≈ 0,13 €/kWh (bleu HC) à ≈ 0,71 €/kWh (rouge HP) Très rentable si le foyer réduit fortement sa consommation les jours rouges (annoncés la veille) ; risqué sinon car le tarif rouge est élevé

Ces montants évoluent chaque année et diffèrent légèrement d’un fournisseur alternatif à l’autre, mais l’écart relatif entre les options reste comparable partout : l’option Base est la plus simple et la plus chère en moyenne, l’option HP/HC introduit un écart d’environ 25 à 30 % entre heures pleines et heures creuses, et Tempo pousse cette logique à l’extrême avec un rapport de plus de 5 entre le kWh le moins cher (bleu, heures creuses) et le plus cher (rouge, heures pleines).

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Dans quel cas l’option Heures Creuses est-elle la plus pertinente ?

Pour la grande majorité des foyers équipés d’une PAC, l’option Heures Creuses reste le compromis le plus simple à mettre en œuvre. Le principe : le contrat de fourniture (via Enedis, quel que soit le fournisseur) programme automatiquement le compteur pour appliquer un tarif réduit sur une plage nocturne fixe, généralement 8 heures consécutives entre 22h et 6h, avec des horaires précis qui dépendent du poste source local. Il suffit ensuite de programmer le ballon d’eau chaude thermodynamique ou électrique sur cette plage, et, si le régulateur de la PAC le permet, de privilégier une relance du chauffage ou une charge du ballon tampon la nuit. Une PAC qui tourne 24h/24 sans possibilité de pilotage horaire ne tire cependant qu’un bénéfice partiel de l’option HC : seule la part de consommation naturellement décalable (eau chaude, lave-linge, lave-vaisselle, recharge de véhicule électrique) profite pleinement du tarif réduit.

Tempo : un pari qui peut payer, mais qui demande de la discipline

L’option Tempo pousse plus loin la logique de modulation : en plus des heures creuses, elle distingue 300 jours « bleus » (tarif le plus bas), 43 jours « blancs » (tarif intermédiaire) et 22 jours « rouges » (tarif très élevé, concentrés en général entre novembre et mars). La couleur du lendemain est communiquée la veille en fin d’après-midi. Pour un foyer chauffé par PAC, deux stratégies coexistent : accepter de faire tourner la PAC normalement les jours rouges (coûteux sur ces 22 jours, mais rattrapé par des tarifs bas le reste de l’année), ou anticiper en préchauffant le logement la veille et en réduisant la consigne pendant la journée rouge. Les retours d’expérience montrent qu’un foyer discipliné, qui coupe sa consommation les jours rouges et décale le reste vers les heures creuses, peut réduire sa facture annuelle de l’ordre de 15 à 20 % par rapport à l’option HP/HC. À l’inverse, un foyer qui ne change rien à ses habitudes les jours rouges peut se retrouver perdant, car le tarif rouge en heures pleines est nettement plus élevé que le tarif plein habituel.

Bien dimensionner sa PAC : la meilleure façon d’alléger la facture

Avant même de choisir l’abonnement, le dimensionnement de la pompe à chaleur elle-même conditionne l’essentiel de la facture. Une PAC surdimensionnée par rapport aux besoins réels du logement fait des cycles courts (marche-arrêt fréquents), consomme davantage à l’allumage et use prématurément le compresseur ; une PAC sous-dimensionnée tourne en continu, s’appuie trop souvent sur l’appoint électrique (résistance) qui coûte cher au kWh, et peine à maintenir la température par grand froid. Le calcul du bon dimensionnement s’appuie sur la déperdition thermique réelle du bâtiment (isolation, surface, zone climatique, altitude), idéalement établie par un bureau d’études thermiques ou un installateur RGE via une note de dimensionnement, et non sur une simple règle de pouce au m². Un bon dimensionnement réduit mécaniquement le nombre de kWh appelés, ce qui pèse davantage sur la facture finale que le choix entre Base, HC ou Tempo.

  • Faire réaliser une étude thermique ou au minimum un calcul de déperditions avant le choix de la puissance de la PAC.
  • Vérifier le coefficient de performance (COP) annoncé par le fabricant à basse température extérieure, pas seulement en conditions optimales.
  • Demander l’intensité de démarrage de la PAC pour dimensionner correctement le compteur en kVA.
  • Programmer le ballon d’eau chaude et les gros électroménagers sur les heures creuses, quel que soit le fournisseur.
  • Simuler sa facture sur les trois options (Base, HP/HC, Tempo) à partir de sa consommation réelle avant de signer, plutôt que de se fier à une moyenne nationale.
  • Revoir la puissance souscrite après un ou deux hivers d’usage réel : il est fréquent de pouvoir baisser d’un palier une fois les habitudes stabilisées.
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Faut-il rester chez EDF ou choisir un autre fournisseur ?

Le choix du fournisseur est une question distincte de celle de l’option tarifaire. En France, le réseau de distribution (Enedis) et donc le compteur, la puissance souscrite et les options horaires disponibles sont identiques quel que soit le fournisseur choisi : EDF au tarif réglementé, ou une offre de marché chez un fournisseur alternatif, indexée ou non sur ce tarif réglementé. Ce qui change, c’est le prix du kWh et de l’abonnement affiché, ainsi que l’existence ou non d’une offre Tempo équivalente (certains fournisseurs alternatifs proposent leur propre variante de l’offre à couleurs de jours, avec des règles parfois différentes). Le réflexe le plus utile reste de raisonner d’abord en kVA et en option horaire, puis de comparer les grilles tarifaires des différents fournisseurs sur cette même puissance et cette même option, plutôt que de choisir un fournisseur pour sa réputation et subir l’option tarifaire par défaut.

FAQ — Abonnement électrique et pompe à chaleur

Faut-il forcément passer en 12 kVA avec une pompe à chaleur ?

Non. Le 9 kVA suffit à la majorité des logements de 80 à 120 m² équipés d’une seule PAC et d’un usage domestique classique. Le passage en 12 kVA se justifie surtout en cas de cumul avec une borne de recharge sans délestage, une piscine chauffée, ou une PAC haute température dans une grande maison.

L’option Base est-elle encore disponible pour un compteur 9 kVA ?

Non, elle n’est plus commercialisée aux nouveaux clients résidentiels sur les puissances de 9 kVA et au-delà : seuls les clients déjà abonnés avant l’arrêt de la commercialisation continuent d’en bénéficier. Un nouveau contrat sur ces puissances se fait obligatoirement en option Heures Creuses ou Tempo.

Tempo est-il toujours intéressant avec une pompe à chaleur ?

Cela dépend de la capacité du foyer à réduire sa consommation les jours rouges et à décaler l’essentiel des usages vers les heures creuses. Un foyer discipliné peut gagner de 15 à 20 % par rapport à l’option HP/HC ; un foyer qui ne modifie pas ses habitudes les jours rouges peut au contraire se retrouver perdant, le tarif rouge en heures pleines étant nettement supérieur au tarif plein habituel.

Quelle est la différence entre puissance de compteur et puissance de la pompe à chaleur ?

La puissance du compteur (en kVA) est la limite maximale que le logement peut appeler à un instant donné, tous appareils compris ; la puissance de la PAC (en kW thermiques ou électriques) est celle nécessaire pour chauffer le bâtiment. Une PAC de forte puissance thermique n’appelle qu’une fraction de cette puissance en électrique grâce à son coefficient de performance, mais son démarrage peut créer un pic à prendre en compte dans le dimensionnement du compteur.

Changer de fournisseur permet-il d’obtenir un meilleur tarif avec une PAC ?

Le fournisseur influence surtout le prix affiché du kWh et de l’abonnement, pas le principe des options (Base, HP/HC, Tempo) ni la puissance disponible, qui dépendent du réseau Enedis. Comparer les offres sur la même puissance et la même option horaire, plutôt que de changer de fournisseur sans vérifier ces deux critères, reste le moyen le plus fiable de réaliser une économie réelle.