Réponse rapide : Sécurité des plastiques alimentaires
Pour la santé, privilégiez les plastiques portant les codes 2, 4 et 5, et évitez absolument la chauffe de tout contenant plastique.
-
Codes sûrs (2, 4, 5)
→ Le PEHD, le LDPE et le PP sont les plus stables et migrent peu vers les aliments. -
Codes à éviter (1, 3, 6, 7)
→ Le PET (1) est à usage unique. Le PVC (3), le PS (6) et les « Autres » (7) contiennent souvent des perturbateurs endocriniens. -
La règle d’or de la chaleur
→ Ne jamais chauffer un plastique au micro-ondes, même indiqué « compatible ». La chaleur accélère la migration chimique. -
L’alternative idéale
→ Le verre et l’inox restent les seuls matériaux totalement inertes et sans risque de transfert de particules.
Face aux rayonnages de boîtes de conservation ou au moment de réutiliser une bouteille d’eau, le doute s’installe souvent. Entre les triangles fléchés, les numéros et les alertes sanitaires récurrentes, savoir ce qui est réellement sûr pour notre famille relève du casse-tête. Faut-il tout jeter ou simplement mieux choisir ?
La réponse n’est pas de bannir aveuglément tout plastique, mais de savoir décrypter ce que vous avez dans les mains. En comprenant le système de classification, vous pouvez éliminer 90% des risques liés aux contaminants chimiques en quelques secondes.
Identifier immédiatement les plastiques sains et ceux à bannir
Le tri entre un emballage sûr et un contenant potentiellement toxique se joue sous le récipient. Vous y trouverez un triangle formé de trois flèches avec un chiffre au centre, allant de 1 à 7. C’est votre boussole pour la sécurité alimentaire.
Oui, vous pouvez conserver vos aliments dans les catégories 2, 4 et 5. Ce sont les plastiques les plus stables chimiquement. À l’inverse, les catégories 3, 6 et 7 doivent être tenues à l’écart de votre nourriture autant que possible.

Le guide des codes pour ne plus se tromper
Pour vous aider à visualiser rapidement quels contenants garder dans vos placards et lesquels destiner au recyclage, voici un récapitulatif factuel basé sur la stabilité des matériaux.
| Code | Nom du plastique | Usage courant | Verdict Santé |
|---|---|---|---|
| 1 | PET (Polyéthylène téréphtalate) | Bouteilles d’eau, barquettes de fruits | Usage unique seulement. Ne pas réutiliser (risque bactérien et chimique). |
| 2 | PEHD (Polyéthylène haute densité) | Bouteilles de lait, bouchons, boîtes rigides | Sûr. Faible migration chimique. |
| 3 | PVC (Polychlorure de vinyle) | Films étirables, certains emballages | À éviter. Contient souvent des phtalates. |
| 4 | LDPE (Polyéthylène basse densité) | Sacs congélation, films alimentaires | Sûr. Peu de risques de migration à froid. |
| 5 | PP (Polypropylène) | Barquettes micro-ondables, pots de yaourt | Le plus sûr pour l’alimentaire, résiste bien à la chaleur modérée. |
| 6 | PS (Polystyrène) | Gobelets, couverts jetables, bacs à viande | À bannir. Le styrène est un cancérogène possible. |
| 7 | Autres (Inclus Polycarbonate) | Biberons (anciens), grands bidons d’eau | Risqué. Catégorie « fourre-tout » contenant souvent du BPA. |
Le polypropylène (code 5) est souvent considéré comme le champion des plastiques alimentaires. Il est robuste et résiste mieux à la température que les autres. C’est souvent celui utilisé pour les boîtes hermétiques de bonne qualité. Si vous devez choisir un recyclage des pots de yaourt ou en réutiliser pour du stockage, vérifiez bien ce chiffre.
La chaleur : l’ennemi numéro 1 des plastiques
Même un plastique jugé « sain » (comme le code 5) possède ses limites. La règle absolue en matière de santé est de dissocier le plastique de la chaleur. Lorsque la température monte, la structure moléculaire des polymères s’agite, favorisant la migration de particules vers la nourriture.
Il ne faut jamais se fier aveuglément au logo « micro-ondes ». Ce logo indique seulement que le contenant ne va pas fondre ou se déformer, il ne garantit pas l’absence de migration de micro-plastiques ou d’additifs chimiques. Si vous devez réchauffer un plat, transvasez-le toujours dans une assiette. C’est d’ailleurs le même principe de précaution à appliquer si vous vous demandez s’il y a un risque avec le carton au micro-ondes, car les colles et encres peuvent aussi réagir à la chaleur.
Le cas particulier des bouteilles d’eau (PET – Code 1)
Le PET est conçu pour un usage unique. Beaucoup de gens gardent une bouteille vide pour la remplir au robinet pendant des semaines. C’est une erreur sanitaire fréquente. Avec le temps, le plastique se dégrade physiquement et peut larguer du trioxyde d’antimoine. De plus, sa structure devient poreuse et difficile à nettoyer, transformant la bouteille en nid à bactéries.
Si vous laissez une bouteille en plastique en plein soleil dans votre voiture, jetez-la. La chaleur et les UV accélèrent la dégradation du PET et la libération de substances indésirables dans l’eau.

Alternatives responsables et matériaux sans danger
Si l’objectif est de supprimer totalement le risque de contaminants chimiques, il faut sortir de la famille des plastiques. Heureusement, des solutions durables existent et elles sont souvent plus économiques sur le long terme car inusables.
Le verre est le matériau roi. Il est inerte, ce qui signifie qu’il ne réagit pas chimiquement avec les aliments, même acides (comme la sauce tomate) ou gras, et même lorsqu’il est chauffé. C’est l’investissement le plus sûr pour votre cuisine. L’acier inoxydable (inox) est également une excellente option pour les boîtes à lunch froides ou les gourdes, car il est léger et incassable.
Attention aux fausses bonnes idées
On pense souvent bien faire en remplaçant le plastique par du papier ou de l’aluminium, mais la nuance est importante. L’aluminium, par exemple, ne doit pas être en contact avec des aliments acides ou très salés, car ils attaquent le métal qui migre alors dans la nourriture. Quant aux emballages en papier ou carton (type fast-food), ils sont souvent traités avec des substances perfluorées (PFAS) pour résister au gras, ou imprimés avec des encres minérales potentiellement toxiques.
Erreurs courantes à éviter au quotidien
Même avec les bons contenants, certaines habitudes peuvent compromettre la sécurité alimentaire. Voici les pièges les plus fréquents dans nos cuisines :
- Laver les plastiques à très haute température : Le lave-vaisselle, avec ses détergents agressifs et son eau bouillante, abîme la surface du plastique. Un plastique rayé ou blanchi par l’usure doit être jeté, car il relâche davantage de molécules.
- Utiliser des boîtes de glace pour le réemploi : Les bacs de crème glacée sont souvent fins et destinés à un usage à froid uniquement. Ils ne sont pas conçus pour être lavés et réutilisés durablement.
- Croire que « Sans BPA » signifie « Sans danger » : Lorsque le Bisphénol A a été interdit, les industriels l’ont souvent remplacé par du Bisphénol S (BPS) ou F, dont les effets sur la santé sont suspectés d’être similaires. Privilégiez les matériaux inertes plutôt que les mentions marketing.
Peut-on mettre des aliments chauds dans une boîte en plastique code 5 ?
Techniquement, le code 5 (Polypropylène) résiste à la chaleur. Cependant, par principe de précaution sanitaire, il est fortement recommandé de laisser refroidir les aliments avant de les placer dans le contenant pour limiter toute migration chimique.
Les films étirables alimentaires sont-ils dangereux ?
Les films étirables contenant du PVC (code 3) contiennent souvent des phtalates et doivent éviter tout contact direct avec des aliments gras (fromage, viande). Préférez les films en LDPE (code 4) ou mieux, des couvre-plats en tissu enduit de cire d’abeille.
Comment savoir si un vieux Tupperware est sûr ?
Si votre boîte est ancienne (plus de 10 ans), rayée, devenue opaque ou rugueuse au toucher, elle se dégrade. Il est plus prudent de s’en débarrasser, car l’usure favorise le relargage de particules plastiques dans la nourriture.
Le silicone est-il considéré comme du plastique ?
Non, le silicone est un polymère différent, généralement plus stable que le plastique face à la chaleur et au froid. Assurez-vous toutefois de choisir du silicone de qualité alimentaire (silicone platine) pour éviter les additifs de remplissage de mauvaise qualité.

Gaël Lemaire, ingénieur devenu essayiste, partage sur La Maison des Énergies une réflexion apaisée sur notre rapport à l’énergie et au vivant. Il croit en une transition fondée sur la mesure, la justice et la beauté du monde.