Électricité : pourquoi votre facture change au 1er août (et au 1er février) ?

Rédigé par Gael

15/06/2026

Chaque année, deux dates reviennent dans l’actualité de l’énergie : le 1er février et le 1er août. À ces moments-là, le prix de l’électricité est susceptible d’évoluer, à la hausse comme à la baisse. Mais pourquoi ce rendez-vous estival ? Et surtout, qu’est-ce qui bouge réellement sur votre facture ? Pas besoin d’être expert pour comprendre : il suffit de connaître le mécanisme. Une fois ce fonctionnement clair, vous pourrez anticiper les variations et reprendre la main sur votre budget énergie.

Le transport, la distribution, la gestion, ainsi que l’entretien et la modernisation des réseaux électriques (Enedis, RTE) sont financés par le TURPE, révisé chaque 1er août.

Pourquoi le tarif de l’électricité change deux fois par an ?

En France, le prix de l’électricité n’évolue pas au hasard. Il suit un calendrier régulier, rythmé par deux révisions principales : le 1er février et le 1er août. Ce calendrier concerne avant tout le Tarif Réglementé de Vente (TRV), aussi appelé « Tarif Bleu », commercialisé par EDF, le fournisseur historique. Arrêté par les pouvoirs publics, ce tarif sert de repère à l’ensemble du marché : même les fournisseurs alternatifs s’y comparent.

Attention toutefois : ces deux dates ne sont pas gravées dans le marbre. Des ajustements exceptionnels peuvent intervenir en cours d’année, par exemple à la suite d’une décision fiscale ou d’une révision anticipée. D’où l’intérêt de rester informé tout au long de l’année plutôt que d’attendre passivement le prochain rendez-vous tarifaire.

De quoi est faite votre facture (et donc, qu’est-ce qui peut bouger ?)

Pour comprendre ce qui évolue, il faut savoir lire sa facture. Celle-ci se compose de trois grands blocs :

  • La fourniture (environ 1/3 de la facture) : c’est l’énergie elle-même, son achat sur les marchés et la marge du fournisseur. C’est le seul bloc qui varie d’un fournisseur à l’autre, et c’est précisément celui que les offres à prix fixes garantis de la part de l’électricité permettent de bloquer.
  • L’acheminement, le TURPE (25 à 30 % de la facture) : il finance l’entretien, l’exploitation et la modernisation des réseaux gérés par Enedis (distribution) et RTE (transport). Fixé par la CRE, il est identique pour tous les fournisseurs et fait l’objet d’un ajustement annuel au 1er août.
  • Les taxes et contributions (environ 1/3 de la facture) : TVA, Accise sur l’électricité et CTA. Décidées par l’État, elles s’appliquent à tout le monde de la même façon.
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Qui décide quoi ? La CRE (Commission de régulation de l’énergie) construit le tarif réglementé selon une méthode dite « par empilement des coûts », puis transmet ses propositions aux ministres chargés de la transition énergétique et de l’économie. Sans opposition de l’un d’eux, la proposition est réputée acquise. Les tarifs sont alors fixés par arrêté et publiés au Journal Officiel. 

facture électricité changement

Le 1er août, le réseau (TURPE) est systématiquement révisé

Au 1er août, le changement le plus systématique concerne le coût des réseaux : c’est à cette date que le TURPE fait l’objet de sa révision annuelle. Mais ce n’est pas le seul poste qui peut évoluer. La part énergie du tarif réglementé et certaines taxes sont elles aussi susceptibles d’être ajustées au 1er août, comme l’a montré l’année 2025. 

En effet, le TURPE connaît un ajustement chaque 1er août, en plus d’une refonte complète de sa structure tous les quatre ans (la version actuelle, le TURPE 7, s’applique jusqu’en 2028).

Dans sa délibération du 21 mai 2026, la CRE a acté une hausse du TURPE de +3,04 % pour la distribution (Enedis) au 1er août 2026. Le tarif de transport (RTE) progresse lui de +3,34 %, mais cette évolution est déjà intégrée au tarif de distribution. Cette hausse de l’acheminement induit une augmentation d’environ +1 % TTC du tarif réglementé de vente. Attention toutefois : il ne s’agit là que de la composante « réseau ». La CRE communiquera mi-juillet l’évolution d’ensemble du TRV au 1er août 2026, une fois sa consultation publique terminée. 

Pour bien mesurer que « ça bouge dans les deux sens », un rapide retour en arrière s’impose :

  • Août 2024 : une hausse d’environ +1 % du tarif réglementé (liée à un relèvement du TURPE de +4,8 %) était prévue, mais le gouvernement a renoncé à l’appliquer — le tarif est resté gelé.
  • Février 2025 : forte baisse du TRV, −15 % en moyenne TTC (portée par la chute des prix de gros et ce malgré une hausse exceptionnelle du TURPE (+7,7 %) et le retour de l’accise à son niveau d’avant-crise, tous deux avancés à cette date. 
  • Août 2025 : tarif réglementé quasi stable en moyenne, mais forte hausse de la TVA sur l’abonnement (de 5,5 % à 20 %), partiellement compensée par une baisse de l’accise et du TURPE. 
  • Février 2026 : TRV plutôt stable (environ −0,8 % TTC), avec une baisse de la CTA (de 21,93 % à 15 %) compensée par une hausse de l’accise (de 29,98 à 30,85 €/MWh).
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Pourquoi une même révision n’a pas le même effet sur tous les foyers ?

Une hausse « moyenne » de +1 % TTC du tarif réglementé de vente ne se traduit pas de façon identique chez tout le monde. Votre facture comprend en effet une part fixe (l’abonnement, lié à la puissance souscrite) et une part variable (les kWh réellement consommés). Selon que la révision porte sur l’une ou l’autre, l’impact diffère : un petit consommateur sera surtout sensible à l’abonnement, tandis qu’un gros consommateur ressentira davantage une variation du prix du kWh. Vos options tarifaires (Base, Heures Pleines / Heures Creuses…) jouent également sur le résultat final.

TRV, prix fixes, prix indexés : comment s’y retrouver ?

Face à ces évolutions, il existe trois grands repères à ne pas confondre :

  • Le TRV : le tarif encadré, commercialisé par EDF, révisé en principe deux fois par an.
  • Les offres de marché à prix fixes garantis de la part de l’électricité : la part énergie est verrouillée sur la durée du contrat (1 à 3 ans en général), ce qui protège contre les hausses du prix de l’électricité hors taxes et contributions.
  • Les offres de marché à prix indexés : le prix suit l’évolution du TRV ou d’un indice, souvent avec une remise.C’est avantageux quand les prix baissent, mais sans filet en cas de hausse.

Dans tous les cas, prix fixes ou indexés portent uniquement sur la part énergie : les taxes et contributions, elles, évoluent pour tout le monde. C’est ce qui explique l’intérêt des offres à prix fixes garantis de la part de l’électricité pour sécuriser au moins une partie de sa facture. Un fournisseur alternatif comme la bellenergie propose par exemple une offre d’électricité verte et française à prix fixes garantis de la part de l’électricité, avec un prix du kWh inférieur au TRV. Il s’agit d’une façon de gagner en visibilité sur son budget tout en soutenant les énergies renouvelables françaises.

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Comment alléger votre facture ? Quelques réflexes à adopter

Bonne nouvelle : vous n’êtes pas spectateur de ces évolutions. Plusieurs leviers concrets permettent d’amortir, voire d’éviter, une hausse :

  • Ajustez votre puissance souscrite : Une puissance surdimensionnée gonfle l’abonnement pour rien. Vérifiez qu’elle colle vraiment à vos besoins : quelques kVA de trop, et c’est de l’argent qui s’évapore chaque mois.
  • Jouez avec les heures creuses : Lave-linge, lave-vaisselle, recharge de la voiture électrique… Décaler ces usages aux bonnes plages horaires fait une vraie différence sur l’année.
  • Comparez les offres, régulièrement : Le marché bouge, vos besoins aussi. Et pour mettre la part énergie à l’abri des hausses, une offre à prix fixes garantis de la part de l’électricité verrouille votre tarif sur 1, 2 ou 3 ans.
  • Gardez un œil sur le calendrier : Février, août : en connaissant les dates clés, vous anticipez les variations au lieu de les découvrir sur votre facture.

Conclusion

Le prix de l’électricité peut évoluer au 1er août notamment parce que le TURPE y est ajusté chaque année. Mais la part énergie du tarif réglementé de vente, elle, est réexaminée plusieurs fois par an, principalement au 1er février et au 1er août, au gré des coûts d’approvisionnement et des décisions fiscales.

Comprendre ce mécanisme, c’est cesser de subir sa facture : en connaissant les trois blocs qui la composent, en suivant le calendrier et en choisissant l’offre adaptée à son profil, chacun peut anticiper les variations et reprendre la main sur son budget énergie.