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MaPrimeRénov’ : ces 6 travaux peuvent perdre leur aide au 1er septembre

21/08/2026

Lecture rapide

Rédigé par Gael

Réponse rapide : ce qu’il faut retenir

  • Le gouvernement veut sortir six familles de travaux du parcours MaPrimeRénov’ par geste au 1er septembre 2026.
  • Sont visés : isolation des toitures et des combles, remplacement des fenêtres, ventilation, chauffe-eau thermodynamique, chauffage et eau chaude solaires, chauffage au bois.
  • Au 21 août 2026, ni le décret ni l’arrêté ne sont parus au Journal officiel. Tant qu’aucun texte ne paraît, ces travaux restent aidés en geste seul.
  • Ces travaux ne disparaissent pas de MaPrimeRénov’. Ils basculeraient vers le parcours rénovation d’ampleur, avec audit énergétique et Accompagnateur Rénov’ obligatoires.
  • Si votre projet fait partie de la liste, déposez votre demande sur france-renov.gouv.fr sans attendre. C’est la date de dépôt qui fige les règles applicables à votre dossier.

C’est le dossier chaud de cette fin d’été pour tous ceux qui préparent des travaux. Le gouvernement a annoncé son intention de recentrer MaPrimeRénov’ sur les rénovations globales, en retirant six familles de travaux du parcours dit « par geste ». La date visée est le 1er septembre 2026.

Sauf que la situation est nettement moins tranchée que ce que laissent entendre beaucoup de titres alarmistes. Le calendrier a été annoncé, mais le texte qui doit le rendre applicable n’existe toujours pas au Journal officiel. Voici l’état réel du dossier, la liste précise des travaux concernés, et surtout ce que vous pouvez faire dans les jours qui viennent.

Ce que le gouvernement veut changer au 1er septembre

MaPrimeRénov’ fonctionne aujourd’hui sur deux voies parallèles. La première, le parcours « par geste », finance un travail isolé : vous changez votre chaudière, vous isolez vos combles, vous posez une ventilation, et vous touchez un forfait.

La seconde, le parcours « rénovation d’ampleur », finance un bouquet de travaux coordonnés qui fait gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique. Il impose un audit énergétique et le recours à un Accompagnateur Rénov’ agréé.

Le projet du gouvernement consiste à vider largement la première voie au profit de la seconde. L’argument avancé est celui de l’efficacité : un geste isolé fait rarement sortir un logement de la catégorie passoire thermique, alors qu’un bouquet cohérent y parvient.

L’argument non dit est budgétaire. Les gestes isolés représentent l’essentiel du volume de dossiers, donc l’essentiel de la dépense, pour un gain énergétique par euro public jugé insuffisant par Bercy.

Les six familles de travaux visées

Voici la liste telle qu’elle figure dans les projets de textes présentés au Conseil national de l’habitat le 2 juillet 2026, avec les montants qui s’appliquent encore aujourd’hui.

Travaux visés Ce qui est aidé aujourd’hui
Isolation des toitures et des combles 25 €/m² pour le profil Bleu, 20 €/m² pour le profil Jaune, avec un plafond de dépense éligible de 75 €/m²
Remplacement des fenêtres Uniquement en remplacement d’un simple vitrage : 100 € Bleu, 80 € Jaune, 40 € Violet par équipement
Ventilation (VMC double flux) Forfait selon le profil de revenus, plafond de dépense éligible de 6 000 €
Chauffe-eau thermodynamique Forfait selon le profil de revenus
Chauffage et eau chaude solaires Forfait selon le profil de revenus, hors Outre-mer
Chauffage au bois (poêle et insert à granulés ou bûches) Forfait selon le profil de revenus, plafond de dépense éligible de 5 000 € pour un poêle à granulés

Les pompes à chaleur dédiées uniquement à la production d’eau chaude sanitaire figurent également dans le viseur, dans la même logique que le chauffe-eau thermodynamique.

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Un point échappe souvent aux commentaires : l’isolation des murs et les chaudières biomasse sont déjà sorties du geste seul depuis le 1er janvier 2026. Elles ne sont finançables qu’en rénovation d’ampleur. La réforme de septembre viendrait donc élargir un mouvement déjà entamé, pas le déclencher.

Propriétaire qui vérifie un devis de travaux et calcule son reste à charge sur la table de la cuisine

Le point que presque personne ne dit : rien n’est encore signé

Le 2 juillet 2026, le Conseil national de l’habitat a rendu un avis défavorable sur les projets de décret et d’arrêté. Cet avis est consultatif, le gouvernement peut donc publier les textes malgré ce vote.

Mais depuis, rien. Au 21 août 2026, aucun des deux textes n’est paru au Journal officiel. Or, sans publication, il n’y a pas d’application possible au 1er septembre.

Concrètement, cela signifie que les six familles de travaux continuent d’être aidées en geste seul aujourd’hui. Cela signifie aussi que la date d’entrée en vigueur peut glisser, être aménagée, ou s’accompagner d’une période transitoire.

Méfiez-vous donc des professionnels qui vous pressent de signer « avant que tout s’arrête ». Le risque existe, il est sérieux, mais il n’est pas acté. Un artisan qui vous présente la suppression comme un fait certain vend de l’urgence, pas de l’information.

Ce qui resterait éligible en geste seul

Si les textes paraissent en l’état, le parcours par geste se réduirait à une poignée d’opérations. Les trois principales sont les suivantes.

  • La pompe à chaleur de chauffage, air-eau ou géothermique. C’est le geste le plus soutenu du dispositif, et il n’est pas remis en cause.
  • La dépose de cuve à fioul, qui accompagne généralement un changement de système de chauffage.
  • Le raccordement à un réseau de chaleur, quand le logement est situé dans une zone desservie.

Autrement dit, le geste seul deviendrait un dispositif de sortie des énergies fossiles, et plus un dispositif de rénovation générale. Si vous envisagiez une pompe à chaleur, votre projet n’est pas menacé par cette réforme. Nos repères sur les pompes à chaleur haute température restent d’actualité pour les logements anciens.

Combien ça change vraiment sur un chantier réel

Les pourcentages ne parlent à personne. Voici trois situations chiffrées, en prenant les montants actuellement en vigueur.

Isolation de 80 m² de combles perdus, ménage aux revenus modestes

Comptez un devis autour de 4 000 à 5 000 € pour une isolation soufflée en combles perdus avec une bonne résistance thermique. L’aide au geste, à 20 €/m² pour le profil Jaune, représente 1 600 €.

Sans ce forfait, il reste les certificats d’économies d’énergie, qui pèsent généralement plusieurs centaines d’euros sur ce type d’opération. La perte nette se situe donc autour de 1 500 €, sur un chantier dont le temps de retour dépasse déjà souvent dix ans.

Remplacement de 8 fenêtres en simple vitrage, ménage très modeste

À 100 € par équipement pour le profil Bleu, l’aide plafonne à 800 €. C’est peu face à un devis de 8 000 à 12 000 €, mais c’est aussi la démonstration que ce geste était déjà très faiblement soutenu.

Le vrai sujet des menuiseries n’est pas le forfait, c’est l’arbitrage. Changer les fenêtres avant d’isoler la toiture est presque toujours une erreur de priorité, et la réforme ne fait que rendre cette erreur plus coûteuse. Le raisonnement vaut aussi pour les autres ouvrants, comme nous l’expliquons à propos du choix d’une porte d’entrée isolante.

Chauffe-eau thermodynamique en remplacement d’un cumulus électrique

C’est probablement le geste le plus pénalisé par la réforme. Le chauffe-eau thermodynamique divise environ par trois la consommation liée à l’eau chaude, pour un investissement posé de l’ordre de 3 000 à 4 500 €.

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Sans forfait dédié, l’équation se dégrade nettement pour les ménages modestes, alors que ce poste représente souvent le deuxième de la facture d’électricité après le chauffage.

Ce que vous devez faire dans les prochains jours

La règle est simple et c’est la seule qui compte : dans ce type de réforme, ce sont les dossiers déjà déposés qui conservent le bénéfice des anciennes règles. Si votre projet figure dans la liste des six, la priorité est donc de déposer, pas d’attendre.

Attention, la procédure a changé le 17 août 2026. Chaque ménage crée désormais un compte personnel unique sur france-renov.gouv.fr, qui sert de porte d’entrée à MaPrimeRénov’, MaPrimeAdapt’ et Ma Prime Logement Décent. Les trois plateformes ont été fermées du 3 au 17 août pour cette bascule technique.

Si vous aviez un dossier en cours avant la fermeture, il a été conservé. Vous le récupérez après vérification d’identité via FranceConnect+.

Pour déposer, réunissez le devis signé d’une entreprise certifiée RGE, votre avis d’imposition, un justificatif de propriété et les informations sur le logement. Un devis non signé ne permet pas de déposer, c’est l’erreur la plus fréquente.

Les solutions de repli si vous ratez la fenêtre

Perdre MaPrimeRénov’ sur un geste ne veut pas dire perdre toutes les aides. Quatre dispositifs restent mobilisables, et ils se cumulent entre eux.

  • Les certificats d’économies d’énergie. Versés par les fournisseurs d’énergie, ils couvrent la plupart des gestes visés par la réforme. Les primes Coup de pouce ont été prolongées jusqu’au 31 décembre 2026 pour les pompes à chaleur, les chaudières à granulés et les systèmes solaires combinés.
  • L’éco-prêt à taux zéro. Il finance jusqu’à 30 000 € de travaux sans intérêts, sur quinze à vingt ans. C’est l’outil le plus sous-utilisé du parc d’aides françaises.
  • La TVA à taux réduit. À 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique dans un logement de plus de deux ans, elle représente déjà 14,5 points de moins que le taux plein.
  • Les aides locales. Région, département, intercommunalité, parfois la commune. Elles sont rarement cumulées à leur maximum parce que personne ne les cherche. Le conseiller France Rénov’ de votre secteur les connaît.

Avant de lancer quoi que ce soit, prenez le temps de chiffrer le projet dans son ensemble. Les outils d’estimation de travaux permettent aujourd’hui de dégrossir un budget en quelques minutes, ce qui évite de découvrir un écart de 40 % au moment du devis.

Le vrai risque de la rentrée : le démarchage

Chaque changement d’aides produit la même vague. Des sociétés appellent, annoncent la fin imminente d’un dispositif, et proposent une signature immédiate pour « sécuriser » la prime.

Trois signaux doivent vous faire raccrocher. Un prix annoncé avant toute visite technique. Une prime présentée comme « garantie » sans étude de votre situation fiscale. Une pression sur la signature le jour même, souvent avec un rabais qui expire le soir.

Rappel utile : la pompe à chaleur à 1 euro n’existe pas en 2026. Et vous disposez de quatorze jours de rétractation sur un contrat conclu à domicile ou à distance, délai qui court à compter de la signature.

Faut-il basculer vers la rénovation d’ampleur ?

Pour beaucoup de propriétaires, la réponse honnête est non, pas tout de suite. Le parcours d’ampleur suppose un logement classé E, F ou G, un audit énergétique, un accompagnateur, et un bouquet de travaux qui fait gagner au moins deux classes.

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C’est un projet à plusieurs dizaines de milliers d’euros, avec un délai d’instruction et de chantier qui se compte en mois, souvent en année. Ce n’est pas la simple addition de deux gestes.

En revanche, si votre logement est effectivement une passoire et que vous aviez de toute façon prévu plusieurs chantiers sur trois ans, la réforme vous pousse dans la bonne direction. Les taux d’aide y sont bien plus élevés, et le gain sur le classement énergétique se répercute sur la valeur du bien. C’est un point que nous avons développé à propos du confort d’été comme critère de valeur immobilière.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours

Trois choses. La parution éventuelle du décret et de l’arrêté au Journal officiel, qui déclencherait tout. L’existence ou non d’une clause transitoire pour les devis signés avant la publication. Et le contenu du projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne, qui fixera le budget réel de MaPrimeRénov’ pour l’an prochain.

En attendant, le calcul est simple. Si votre projet figure dans la liste des six, chaque jour compte. Si vous visez une pompe à chaleur ou un raccordement à un réseau de chaleur, vous pouvez prendre votre temps.

La suppression des gestes isolés MaPrimeRénov’ est-elle officielle ?

Non. Le gouvernement a annoncé une entrée en vigueur au 1er septembre 2026, mais au 21 août 2026 ni le décret ni l’arrêté ne sont parus au Journal officiel. Le Conseil national de l’habitat a rendu un avis défavorable le 2 juillet 2026, avis consultatif que le gouvernement peut ignorer. Tant qu’aucun texte n’est publié, les six familles de travaux restent aidées en geste seul.

Quels travaux resteraient aidés en geste seul après la réforme ?

Principalement la pompe à chaleur de chauffage, air-eau ou géothermique, la dépose de cuve à fioul et le raccordement à un réseau de chaleur. Le parcours par geste deviendrait un dispositif ciblé sur la sortie des énergies fossiles.

Que se passe-t-il si mon dossier est déjà déposé ?

Dans ce type de réforme, c’est la date de dépôt de la demande qui fige les règles applicables. Un dossier complet déposé avant la publication du texte conserve normalement le bénéfice des règles en vigueur à cette date. D’où l’intérêt de déposer sans attendre si votre projet figure dans la liste des six.

Comment déposer une demande MaPrimeRénov’ depuis le 17 août 2026 ?

La demande se fait désormais depuis un compte personnel unique créé sur france-renov.gouv.fr, qui regroupe MaPrimeRénov’, MaPrimeAdapt’ et Ma Prime Logement Décent. Il faut un devis signé d’une entreprise RGE, votre avis d’imposition, un justificatif de propriété et les caractéristiques du logement. Les dossiers antérieurs à la fermeture du 3 au 17 août ont été conservés et se récupèrent via FranceConnect+.

Puis-je financer mes fenêtres sans MaPrimeRénov’ ?

Oui. Les certificats d’économies d’énergie, l’éco-prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 €, la TVA à 5,5 % et les aides locales restent mobilisables et cumulables. Attention toutefois : MaPrimeRénov’ ne finance déjà les fenêtres qu’en remplacement d’un simple vitrage, avec des forfaits de 40 à 100 € par équipement.

La rénovation d’ampleur est-elle obligatoire pour tout le monde ?

Non. Elle devient la seule porte d’entrée MaPrimeRénov’ pour les travaux concernés par la réforme, mais elle suppose un logement classé E, F ou G, un audit énergétique, un Accompagnateur Rénov’ et un gain d’au moins deux classes au DPE. Pour un logement déjà classé C ou D, ce parcours n’est pas accessible et les autres aides prennent le relais.