Le faisan commun (Phasianus colchicus) est l’espèce de référence pour l’élevage et la chasse en France, avec une saison de reproduction de février à juin. Un faisandeau de 8 semaines coûte environ 9,50 € et un adulte prêt pour le lâcher entre 13 et 15 €. Planifiez votre élevage autour du calendrier biologique naturel de l’oiseau pour maximiser les performances de reproduction.
Le faisan fascine autant qu’il divise : gibier emblématique, sujet d’élevage exigeant, et désormais au cœur des débats sur le bien-être animal. Que vous soyez chasseur, éleveur amateur ou professionnel du gibier, comprendre les mécanismes biologiques de votre environnement — comme le rôle au jardin des insectes auxiliaires — peut enrichir votre approche de la faune sauvage.
Comprendre le faisan : espèces, comportement et adaptation à l’élevage
Le faisan commun (Phasianus colchicus) est l’espèce de référence pour l’élevage et la chasse en France. Adaptable à la captivité, il se reproduit de février à juin. La plupart des espèces n’atteignent leur plumage définitif qu’en 2e année, à l’exception du faisan doré, plus précoce.
Voici la chose : le faisan commun ne s’est pas imposé par hasard dans les élevages français. Son adaptabilité à la captivité, documentée dès les années 1970 par Agriculture Canada, en fait une base solide pour construire une filière rentable. Vous trouverez également utile de vous pencher sur un répulsif sanglier efficace pour protéger vos parcelles d’élevage des intrusions de gibier sauvage.
La saison de reproduction court de février à juin, ce qui impose un calendrier strict à l’éleveur. En dehors de cette fenêtre, les performances chutent et les tentatives d’accouplement hors saison restent stériles. Planifier votre élevage autour de ce cycle de vie, tout comme le cycle de vie de nombreux insectes pollinisateurs, est essentiel pour optimiser vos résultats.
Le plumage définitif arrive en 2e année pour la majorité des races, ce qui complique la sélection des reproducteurs chez les novices. Le faisan doré fait exception : ses couleurs spectaculaires apparaissent dès la première année, ce qui facilite l’identification précoce des mâles de qualité. Cette précocité en fait une race appréciée autant des éleveurs ornementaux que des sélectionneurs.
Le faisan doré est la seule race courante à développer son plumage adulte dès la première année. Pour toutes les autres races, attendez la deuxième mue avant de sélectionner vos reproducteurs sur critères visuels.
Races de faisans à élever : tableau comparatif des prix et usages
Quatre grandes races dominent le faisan élevage français : le faisan commun et le faisan obscur (8,85 € à 10 semaines), le faisan vénéré (10,80 €) et le faisan doré. Le choix dépend de l’usage visé : chasse pour les deux premiers, ornement pour les deux derniers. Le reproducteur se négocie autour de 15 €.

Le marché est structuré par stade de développement autant que par race. Un œuf de faisan se négocie à 1,50 € l’unité de mars à juin, un poussin d’un jour à 2,50 €, et un faisandeau de 8 semaines monte à 9,50 €. À 12 semaines, comptez 10,50 €. Ces prix reflètent le coût croissant de l’alimentation et du suivi sanitaire à chaque stade.
| Race | Prix à 10 semaines | Prix adulte | Usage principal | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Faisan commun (Phasianus colchicus) | 8,85 € TTC | 13,30 € TTC | Chasse | Race de référence |
| Faisan obscur | 8,85 € TTC | 13,30 € TTC | Chasse | Prix identique au commun |
| Faisan vénéré | 10,80 € TTC | N/C | Ornement | Plus onéreux, plumage remarquable |
| Faisan doré | N/C | N/C | Ornement | Couleurs dès la 1re année |
| Faisan reproducteur | — | 15 € TTC | Reproduction en élevage | Sélectionné sur performances |
Un poussin d’un jour à 2,50 € représente l’entrée de gamme la moins chère, mais elle exige une infrastructure de démarrage complète : couveuse, aliment démarrage riche en protéines, et surveillance intensive les premières semaines. Acheter des faisandeaux à 8 ou 12 semaines coûte plus cher à l’unité, mais réduit significativement la mortalité précoce et les contraintes techniques.
Mettre en place un élevage de faisans : espace, alimentation et calendrier
Un faisan élevage réussi repose sur trois piliers : des normes d’espace respectées (minimum 4 m² par couple en volière ornementale, 0,09 à 0,2 m²/oiseau en bâtiment pour les jeunes), une alimentation en trois phases (démarrage, croissance, reproduction) et un calendrier précis calé sur la saisonnalité naturelle de l’espèce.

Sous-estimer la surface disponible est l’erreur la plus fréquente chez les éleveurs débutants. En dessous de 4 m² par couple en volière ornementale, le stress génère des comportements agressifs pouvant aller jusqu’au cannibalisme. En bâtiment pour les jeunes de moins de 10 semaines, respectez strictement la fourchette de 0,09 à 0,2 m² par oiseau.
L’alimentation suit trois phases distinctes, calquées sur le protocole utilisé pour la perdrix, avec des quantités ajustées au gabarit plus imposant du faisan. La phase démarrage (0 à 8 semaines) exige un aliment riche en protéines pour soutenir la croissance rapide des premiers jours. La phase croissance (8 à 20 semaines) bascule sur un aliment standard, pendant que les oiseaux sont transférés en parc extérieur. La phase reproduction (février à juin) nécessite un aliment spécifique, plus concentré en vitamines et minéraux pour soutenir la ponte.
Calendrier annuel de l’éleveur de faisans
- Janvier-février : préparation des reproducteurs, passage progressif à l’aliment reproduction, vérification des volières et des équipements d’incubation
- Mars-juin : collecte quotidienne des œufs à 1,50 € l’unité, incubation, suivi des éclosions, vente des poussins d’un jour à 2,50 €
- Avril-août : vente des faisandeaux de 8 semaines (9,50 €) et de 12 semaines (10,50 €), transfert en parcs extérieurs
- Septembre-décembre : vente des adultes pour la saison de chasse, sélection des futurs reproducteurs pour la saison suivante
Avantages et limites de l’élevage du faisan : analyse pros/cons
L’élevage du faisan offre une filière commerciale structurée, une reproduction maîtrisée et une diversité de races adaptées à chaque usage. Ses limites principales sont la perte d’instincts sauvages chez les sujets d’élevage intensif, les mauvais résultats de repeuplement après lâcher et les critiques croissantes sur le bien-être animal documentées depuis l’enquête ASPAS « De la cage au Carnage » en 2026.

- ✅ Bonne adaptabilité générale à la captivité
- ✅ Reproduction fiable et maîtrisée de février à juin
- ✅ Diversité des races pour chaque usage (chasse, ornement, reproduction)
- ✅ Filière commerciale mature avec des éleveurs spécialisés sur tout le territoire
- ✅ Protocoles alimentaires standardisés, proches de ceux de la perdrix
- ✅ Rentabilité à grande échelle pour alimenter les territoires cynégétiques
- ✅ Surface réduite suffisante pour un couple en volière ornementale (4 m² minimum)
- ❌ Instinct sauvage atténué en élevage intensif, mortalité élevée après lâcher
- ❌ Résultats de repeuplement souvent décevants avec des sujets trop domestiqués
- ❌ Conditions d’élevage intensif critiquées par l’ASPAS (enquête 2024)
- ❌ Optimisation alimentaire pour accélérer la croissance contestée éthiquement
- ❌ Saisonnalité contraignante : reproduction limitée à février-juin
- ❌ Plumage définitif acquis en 2e année pour la plupart des races, compliquant la sélection précoce
- ❌ Confusion fréquente entre races d’ornement et races de chasse chez les débutants
L’enquête ASPAS « De la cage au Carnage » (2024) pointe précisément l’optimisation alimentaire comme levier industriel pour accélérer la croissance des faisans de chasse. Cette logique de production intensive entre en tension directe avec les exigences de rusticité nécessaires à la survie post-lâcher. Vous ne pouvez pas produire vite et produire sauvage : les deux objectifs sont biologiquement contradictoires.
Chasse au faisan : lâchers, repeuplement et efficacité en pratique
Le faisan d’élevage et le faisan sauvage présentent des profils radicalement différents pour la chasse. Le premier, au caractère sauvage atténué, affiche une mortalité élevée après lâcher et des résultats de repeuplement décevants. Le second conserve tous ses instincts naturels. L’âge minimal recommandé pour un lâcher dans le cadre du faisan élevage de chasse est de 20 semaines.
| Critère | Faisan d’élevage | Faisan sauvage |
|---|---|---|
| Instinct de survie | Atténué | Pleinement développé |
| Mortalité post-lâcher | Élevée | Faible (milieu naturel) |
| Adaptabilité au milieu naturel | Faible | Élevée |
| Résultats de repeuplement | Souvent décevants | Optimal |
| Âge minimal de lâcher recommandé | 20 semaines minimum | — |
| Intérêt cynégétique | Controversé | Reconnu |
« Le faible caractère sauvage des faisans d’élevage est souvent évoqué pour expliquer les mauvais résultats obtenus lors des tentatives de repeuplement. » Ce constat, issu de la recherche scientifique sur les lâchers, n’est pas nouveau, mais il reste largement ignoré dans les pratiques de terrain. Les lâchers massifs de sujets jeunes ou trop domestiqués alimentent un cycle coûteux et peu efficace.
Pour maximiser vos chances de repeuplement, privilégiez des souches sélectionnées pour leur rusticité, attendez systématiquement les 20 semaines réglementaires avant tout lâcher, et complétez votre démarche par des aménagements concrets du territoire : couverts végétaux, points d’eau, alimentation complémentaire en période de stress climatique. Un territoire bien aménagé multiplie les chances de survie bien au-delà de ce que la génétique seule peut offrir.
Questions fréquentes sur l’élevage et la chasse du faisan
Les questions les plus posées sur le faisan élevage portent sur les prix d’achat (de 2,50 € le poussin à 15 € le reproducteur), les surfaces nécessaires (4 m² minimum par couple en volière ornementale), l’âge de lâcher (20 semaines minimum) et l’efficacité des repeuplements. Les enjeux de bien-être animal montent en puissance depuis l’enquête ASPAS 2024.
Quel est le prix d’entrée pour démarrer un élevage de faisans ? Le point d’entrée le moins cher reste le poussin d’un jour à 2,50 €, disponible de mars à juin. Si vous manquez d’infrastructure de démarrage, un faisandeau de 8 semaines à 9,50 € ou de 12 semaines à 10,50 € réduit les risques de mortalité précoce. Un reproducteur sélectionné se négocie à 15 € TTC auprès des éleveurs spécialisés.
Quelle surface prévoir pour un couple de faisans ? En volière ornementale, le minimum absolu est de 4 m² par couple. En dessous, les comportements agressifs compromettent la reproduction et la santé des animaux. Pour les jeunes de moins de 10 semaines en bâtiment, la fourchette recommandée est de 0,09 à 0,2 m² par oiseau, avec 0,1 à 0,14 m² en parc extérieur.
Les lâchers de faisans d’élevage sont-ils efficaces ? La réponse courte : rarement, surtout avec des sujets issus d’élevage intensif. L’enquête ASPAS « De la cage au Carnage » (2024) documente comment l’optimisation alimentaire pour accélérer la croissance produit des oiseaux biologiquement inaptes à survivre en milieu naturel. Les résultats s’améliorent avec des souches rustiques lâchées à 20 semaines minimum sur des territoires aménagés.
La réglementation sur la chasse au faisan varie selon les départements. Consultez les arrêtés préfectoraux locaux avant tout lâcher ou organisation de chasse. Les dates d’ouverture et les quotas peuvent différer significativement d’un territoire à l’autre.
Conclusion : ce que vous devez retenir avant de vous lancer
Le faisan élevage est une filière mature, avec des prix de marché clairs, des protocoles alimentaires éprouvés et une demande saisonnière prévisible. Votre première décision concrète : choisir entre race de chasse (faisan commun ou obscur à 8,85 € à 10 semaines) et race ornementale (faisan vénéré à 10,80 €, faisan doré), car les deux filières ne partagent ni les mêmes infrastructures ni les mêmes débouchés commerciaux.
Si votre objectif est le repeuplement cynégétique, intégrez dès le départ la contrainte des 20 semaines minimum avant lâcher, sélectionnez des souches rustiques, et investissez autant dans l’aménagement du territoire que dans l’achat d’animaux. Un faisan lâché sur un territoire mal préparé, quelle que soit sa qualité génétique, représente une perte sèche. Ces systèmes d’élevage et de gestion cynégétique fonctionnent exactement comme on l’imaginait — à condition de respecter la biologie de l’animal plutôt que de la contourner.
Questions frequemment posees
Combien coûte un faisan d’élevage en France ?
Le prix varie selon l’âge et la race : un poussin d’un jour coûte 2,50 €, un faisandeau de 8 semaines environ 9,50 €, et un faisan adulte entre 13,30 € et 15 € TTC. Un œuf de faisan se négocie autour de 1,50 € l’unité, disponible de mars à juin.
Quelle surface faut-il prévoir pour élever des faisans ?
En bâtiment, comptez entre 0,09 et 0,2 m² par oiseau pour les sujets de moins de 10 semaines, et 0,1 à 0,14 m² en parc extérieur. Pour un couple de faisans d’ornement en volière, la surface minimale recommandée est de 4 m².
Quelle est la saison de reproduction du faisan ?
La saison de reproduction du faisan s’étend de février à juin. En dehors de cette période, les accouplements restent stériles. Il est conseillé de distribuer un aliment reproduction plus riche en nutriments durant ces cinq mois pour optimiser les performances.
Pourquoi les faisans d’élevage sont-ils moins efficaces pour la chasse que les faisans sauvages ?
Les faisans issus d’élevage intensif présentent un instinct sauvage atténué, ce qui réduit leur capacité de survie après le lâcher et diminue leur intérêt cynégétique. Leur comportement de fuite est moins développé, ce qui compromet à la fois la qualité de la chasse et leur adaptation au milieu naturel.
Comment reconnaître un faisan mâle adulte ?
Chez la majorité des races, le plumage définitif n’apparaît qu’en 2e année, ce qui complique l’identification précoce des mâles. Le faisan doré fait exception : ses couleurs caractéristiques sont visibles dès la première année, facilitant la sélection des reproducteurs.
Est-ce qu’élever des faisans est accessible à un particulier ?
Oui, l’élevage de faisans est accessible aux particuliers, notamment pour des fins ornementales ou de repeuplement à petite échelle. Il requiert cependant une volière d’au moins 4 m² par couple, une alimentation adaptée par phases (démarrage, croissance, finition) et une gestion rigoureuse du calendrier de reproduction.

Gaël Lemaire, ingénieur devenu essayiste, partage sur La Maison des Énergies une réflexion apaisée sur notre rapport à l’énergie et au vivant. Il croit en une transition fondée sur la mesure, la justice et la beauté du monde.