Réponse rapide : quels plastiques alimentaires choisir ?
Pour stocker des aliments, privilégiez les plastiques codes 2, 4 et 5, et évitez de chauffer les aliments dans du plastique.
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Codes les plus stables (2, 4, 5)
PEHD, PEBD et PP migrent peu vers les aliments dans des conditions normales d’usage. -
Codes à limiter (1 en réemploi, 3, 6, 7)
Le PET (1) est prévu pour un usage unique ; le PVC (3), le polystyrène (6) et la catégorie « autres » (7) posent davantage de questions. -
La règle de la chaleur
La chaleur favorise la migration de substances : réchauffez plutôt dans une assiette en verre ou en céramique. -
Les alternatives
Le verre et l’inox sont les matériaux les plus inertes pour conserver et réchauffer.
Devant les rayons de boîtes de conservation, ou au moment de réutiliser une bouteille d’eau, le doute est fréquent. Triangles fléchés, numéros, alertes sanitaires : il n’est pas simple de savoir ce qui est réellement sûr.
Il ne s’agit pas de bannir tout plastique, mais de savoir lire ce qu’on a dans les mains et d’adopter quelques gestes simples. Ce sont surtout la chaleur, les aliments gras ou acides et l’usure qui augmentent la migration de substances vers la nourriture.
Identifier immédiatement les plastiques sains et ceux à limiter
Tout se joue sous le récipient. Vous y trouverez souvent un triangle de trois flèches avec un chiffre de 1 à 7 : c’est le code du type de plastique. Il sert d’abord au tri, mais il renseigne aussi sur la nature du matériau et donc sur la sécurité alimentaire.
Le symbole verre et fourchette indique, lui, qu’un objet est destiné au contact alimentaire. Pour conserver des aliments, les codes 2, 4 et 5 sont les plus recommandables. Les codes 3, 6 et 7 sont à tenir à l’écart des usages à chaud et des réemplois répétés.

Le guide des codes pour ne plus se tromper
Voici un récapitulatif pour savoir quels contenants garder pour les aliments et lesquels réserver à d’autres usages ou au recyclage.
| Code | Nom du plastique | Usage courant | Verdict santé |
|---|---|---|---|
| 1 | PET (polyéthylène téréphtalate) | Bouteilles d’eau, barquettes de fruits | Usage unique. Le réemploi prolongé pose surtout un problème d’hygiène. |
| 2 | PEHD (polyéthylène haute densité) | Bouteilles de lait, bouchons, boîtes rigides | Stable. Faible migration. |
| 3 | PVC (polychlorure de vinyle) | Certains films étirables, emballages | À limiter, surtout au contact d’aliments gras : peut contenir des plastifiants. |
| 4 | PEBD (polyéthylène basse densité) | Sacs de congélation, films alimentaires | Stable à froid. |
| 5 | PP (polypropylène) | Boîtes de conservation, barquettes, pots de yaourt | Le plus polyvalent, supporte bien une chaleur modérée. |
| 6 | PS (polystyrène) | Gobelets, barquettes, bacs à viande | À éviter à chaud. Le styrène est classé « cancérogène probable » par le Circ. |
| 7 | Autres (dont polycarbonate) | Anciens biberons, grandes bonbonnes d’eau | Variable. Catégorie « fourre-tout » ; le polycarbonate pouvait contenir du bisphénol A. |
Le polypropylène (code 5) est souvent considéré comme le plastique alimentaire le plus polyvalent : robuste, il résiste mieux à la chaleur que les autres et compose la plupart des bonnes boîtes hermétiques. Si vous réutilisez des pots de yaourt pour du stockage, vérifiez ce chiffre et réservez-les aux usages à froid.
La chaleur : l’ennemi numéro 1 des plastiques
Même un plastique stable comme le code 5 a ses limites. Quand la température monte, la migration de substances (additifs, résidus de fabrication) vers l’aliment augmente, surtout avec des aliments gras. La règle de prudence en matière de santé est donc de limiter le contact entre plastique et chaleur.
Le logo « micro-ondes » signifie que le contenant supporte ce mode de chauffe sans se déformer, dans les conditions prévues par le fabricant. Par précaution, réchauffez plutôt dans une assiette en verre ou en céramique. Le même principe vaut si vous vous demandez s’il y a un risque avec le carton au micro-ondes, car colles et encres peuvent aussi réagir à la chaleur.
Le cas particulier des bouteilles d’eau (PET, code 1)
Le PET est conçu pour un usage unique. Beaucoup de gens remplissent la même bouteille pendant des semaines. Le principal problème est l’hygiène : le goulot et les parois rayées se nettoient mal et les bactéries s’y développent.
Évitez aussi de laisser des bouteilles d’eau au soleil ou dans une voiture surchauffée : la chaleur favorise le passage de certaines substances dans l’eau et altère son goût. Pour un usage quotidien, une gourde en inox ou en verre est plus adaptée.

Alternatives responsables et matériaux sans danger
Pour réduire au maximum l’exposition aux substances des plastiques, le plus simple est de passer à d’autres matériaux. Ils coûtent plus cher à l’achat mais durent très longtemps.
Le verre est le matériau de référence : inerte, il ne réagit pas avec les aliments, même acides (sauce tomate) ou gras, et supporte la chauffe (en vérifiant le couvercle, souvent en plastique). L’inox est une excellente option pour les boîtes à repas et les gourdes, légères et incassables.
Attention aux fausses bonnes idées
Remplacer le plastique par de l’aluminium ou du papier n’est pas toujours mieux. L’aluminium ne doit pas être en contact prolongé avec des aliments acides ou très salés, qui favorisent la migration du métal. Certains emballages en papier ou en carton résistant au gras ont été traités avec des composés perfluorés (PFAS), aujourd’hui de plus en plus restreints.
Erreurs courantes à éviter au quotidien
Même avec de bons contenants, certaines habitudes compromettent la sécurité alimentaire :
- Garder des plastiques abîmés : un contenant rayé, blanchi ou déformé par les lavages à haute température se nettoie mal et relâche davantage de substances. Remplacez-le, ou réservez-le au rangement non alimentaire.
- Réutiliser durablement des bacs de glace : fins et prévus pour un usage à froid, ils ne sont pas conçus pour être lavés et réutilisés longtemps.
- Croire que « sans BPA » veut dire « sans question » : le bisphénol A est interdit en France dans tous les contenants alimentaires depuis le 1er janvier 2015. Certains substituts (bisphénols S ou F) sont eux aussi étudiés pour leurs effets possibles : les matériaux inertes restent la valeur sûre.
Peut-on mettre des aliments chauds dans une boîte en plastique code 5 ?
Le polypropylène (code 5) supporte une chaleur modérée. Par précaution, laissez tout de même tiédir les aliments avant de fermer la boîte, surtout s’ils sont gras, pour limiter la migration de substances.
Les films étirables alimentaires sont-ils dangereux ?
Les films en PVC peuvent contenir des plastifiants : évitez leur contact direct avec des aliments gras (fromage, charcuterie) et ne les passez pas au micro-ondes. Préférez des films en polyéthylène, une boîte fermée ou un couvre-plat réutilisable.
Comment savoir si une vieille boîte en plastique est encore sûre ?
Si elle est rayée, opaque, collante, déformée ou rugueuse au toucher, elle est usée : remplacez-la ou réservez-la à un usage non alimentaire. Les très anciennes boîtes en polycarbonate pouvaient contenir du bisphénol A, interdit depuis 2015 dans les contenants alimentaires.
Le silicone est-il considéré comme du plastique ?
Non, c’est un polymère différent, à base de silicium, plutôt stable à la chaleur et au froid. Choisissez un silicone de qualité alimentaire, sans odeur forte, et évitez les produits d’origine douteuse.
Ingénieur de formation, Julien Guiselin a passé près de dix ans dans le génie climatique, dont trois à la tête d’une entreprise d’installation de pompes à chaleur. Il dirige la rédaction de La Maison des Énergies : il choisit les sujets, vérifie les informations techniques et valide chaque article mis à jour.
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