Les aides à la rénovation énergétique ont été profondément remaniées en 2026. Voici les dispositifs en vigueur depuis le 1er septembre 2026, ce qu’ils financent et comment les combiner.

Financer vos travaux de rénovation énergétique

Selon vos revenus, votre logement et vos travaux, plusieurs aides peuvent s’additionner : MaPrimeRénov’, primes CEE, TVA à taux réduit, éco-prêt à taux zéro et aides locales. Toutes exigent, sauf exception, des travaux réalisés par une entreprise labellisée RGE.

Première étape conseillée : un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov’, le service public de la rénovation (france-renov.gouv.fr ou 0 808 800 700). Méfiez-vous des démarchages téléphoniques promettant des travaux « gratuits » : l’État ne démarche jamais par téléphone.

MaPrimeRénov’

MaPrimeRénov’ est la principale aide de l’État. Elle concerne les propriétaires occupants et bailleurs d’un logement de plus de 15 ans, et se demande en ligne avant le début des travaux. Depuis le 1er septembre 2026, elle comporte deux parcours.

La rénovation par geste est recentrée sur le changement de chauffage décarboné : pompe à chaleur air/eau, géothermique ou solarothermique, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul. L’isolation ou la ventilation seules n’y sont plus financées. Pour une pompe à chaleur air/eau, le forfait est de 5 000 € pour les ménages très modestes, 4 000 € pour les modestes et 3 000 € pour les revenus intermédiaires ; les ménages aux revenus supérieurs ne sont plus éligibles à ce parcours.

La rénovation d’ampleur concerne les logements classés E, F ou G. Le projet doit comprendre au moins deux travaux d’isolation, faire gagner au moins deux classes au DPE et, en maison individuelle, ne pas conserver de chauffage au fioul, au gaz ou au charbon.

  • Taux de prise en charge selon les revenus du foyer : 80 % (très modestes), 60 % (modestes), 45 % (intermédiaires), 10 % (supérieurs).
  • Plafond de travaux éligibles : 30 000 € HT pour un gain de deux classes, 40 000 € HT pour trois classes ou plus.
  • Rendez-vous France Rénov’ obligatoire, puis suivi par un Accompagnateur Rénov’ agréé ; les CEE sont intégrés automatiquement dans le dossier.

Les plafonds de revenus sont révisés chaque 1er janvier. Pour un couple hors Île-de-France, le seuil « très modeste » est par exemple fixé à 25 393 € de revenu fiscal de référence en 2026, le seuil « modeste » à 32 553 €.

Certificats d’économies d’énergie (CEE)

Le dispositif des CEE oblige les fournisseurs d’énergie et de carburants à financer des économies d’énergie. Ils versent des primes dont le montant dépend du type de travaux, des performances visées, de la zone climatique et de vos revenus, et varie d’un fournisseur à l’autre.

  • Applicable à de nombreux gestes de performance (chauffage, isolation, eau chaude, ventilation), y compris ceux qui ne relèvent plus de MaPrimeRénov’ par geste.
  • Cumulables avec MaPrimeRénov’ par geste, dans la limite d’un écrêtement selon les revenus ; intégrés d’office en rénovation d’ampleur.
  • La prime doit être acceptée avant la signature du devis : comparez plusieurs offres.

Chèque énergie

Le chèque énergie aide les ménages modestes à payer leurs factures d’énergie ou une partie de certains travaux de rénovation. Il est attribué selon le revenu fiscal de référence et la composition du foyer.

  • Attribution sur la base des revenus et du nombre d’unités de consommation du foyer.
  • Utilisable pour les factures d’énergie (électricité, gaz, fioul, bois) et certains travaux de rénovation.
  • Calendrier, montants et démarches à vérifier chaque année sur le site officiel chequeenergie.gouv.fr.

TVA réduite à 5,5 %

Les travaux d’amélioration de la performance énergétique dans un logement achevé depuis plus de deux ans bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, appliquée directement sur la facture par l’entreprise.

  • Valable pour les travaux et équipements éligibles respectant des critères de performance (isolation, pompe à chaleur, etc.).
  • Travaux induits également concernés lorsqu’ils sont indissociables de l’amélioration énergétique.
  • Les autres travaux d’amélioration ou d’entretien du logement relèvent en général du taux intermédiaire de 10 %.

Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)

L’éco-PTZ finance les travaux sans intérêts et sans condition de revenus, pour une résidence principale achevée depuis plus de deux ans. Son montant va de 7 000 € (une seule action sur les fenêtres) à 50 000 € pour une rénovation globale, avec une durée de remboursement jusqu’à 20 ans dans ce cas (15 ans sinon).

  • Peut financer le reste à charge après MaPrimeRénov’ (éco-PTZ « MaPrimeRénov’ »).
  • Cumul possible avec les CEE, les aides de l’Anah et les aides locales ; dispositif ouvert jusqu’au 31 décembre 2027.
  • Demande auprès d’une banque partenaire, avec les devis RGE ; les travaux doivent être réalisés dans les 3 ans.

Aides pour les copropriétés

Les copropriétés disposent de MaPrimeRénov’ Copropriété, qui finance jusqu’à 45 % des travaux sur les parties communes (plafond de 25 000 € par logement) pour un gain énergétique d’au moins 35 %. Le syndic dépose un dossier unique, avec une assistance à maîtrise d’ouvrage obligatoire, et peut y ajouter un éco-PTZ collectif et des aides locales pour bâtir un plan de travaux.

Les étapes pour obtenir les aides

  • Diagnostic : rendez-vous France Rénov’, DPE ou audit énergétique selon le projet.
  • Devis d’entreprises RGE, et offres CEE acceptées avant signature.
  • Dépôt des demandes avant le début des travaux, sur france-renov.gouv.fr pour MaPrimeRénov’.
  • Factures transmises après travaux pour le versement des primes ; une avance est possible pour certains ménages, jusqu’à 50 % de l’aide pour les plus modestes.

Les dispositifs évoluent souvent : montants et conditions sont donnés à titre indicatif, d’après les documents officiels de septembre 2026, et doivent être confirmés au moment du projet.